

Dès le IIIe millénaire, le site a été occupé de manière continue, comme en témoignent les oppida celto-ligures, la nécropole avec ses tombes à incinération de la fin des IIe et Ier siècles av. J.-C.
"Une race d'aiglons, jamais vassale"
Mais
le village n'entre véritablement dans l'histoire qu'à la fin du Xe siècle, lorsqu'une
puissante famille féodale, apparentée aux familles vicomtales de Marseille et
d'Avignon, assoit sa domination sur la basse Durance. Au XIe siècle, installés
définitivement sur le rocher des Baux, les seigneurs des Baux font construire
un château à la pointe de l'éperon. Prétendant descendre du roi mage Balthazar,
ils prennent pour emblème l'étoile à seize rais, et rejettent la tutelle des
comtes de Provence et de l'empereur. La ville laisse dans l'histoire de la Provence un sillage de pages glorieuses où la guerre et les pillages côtoient l'opulence et le luxe . Les seigneurs des Baux avaient comme devise "Au hazard Balthazar!" lançant ainsi par cette formule un défi orgueilleux au destin . Leur puissance s'étend sur soixante-dix-neuf
fiefs répartis dans toute la Provence, de la Drôme au Var, prenant le titre
de "terres baussenques". Au début du XIIe siècle, ils entreprennent une lutte
contre les comtes catalans mais y perdent le comté de Provence. Guillaume des
Baux obtient en compensation le titre de roi d'Arles (1215). En dépit de toutes
les luttes, les Baux sont, aux XIIe et XIIIe siècles, le siège d'une vie brillante
et raffinée. Au XIVe siècle, la seigneurie profite des troubles qui accompagnent
l'avènement de la reine Jeanne pour se déclarer contre le pape et contre le
comte de Provence, mais pour l'antipape d'Avignon. L'avant-dernier seigneur
des Baux, Raimond de Turenne, met la Provence à feu et à sang.
Au milieu du
XVe siècle, la seigneurie revient au comte de Provence, Louis III d'Anjou. Quand
René d'Anjou en fait don à sa deuxième femme, Jeanne de Laval, une période de
calme s'installe.Après Alix des Baux et la mort du roi René, la baronnie des Baux est rattachée à la France en 1481 . Après avoir appartenue à Bernardin en 1513, puis au connétable de Montmorency en 1538, la cité des Baux va devenir un refuge providentiel pour les Huguenots pendant la période des guerres de religion. Le dernier souverain des Baux, Antoine de Villeuneuve, s' opposant à Louis XIII, celui -çi fait détruire
la citadelle et l'ensemble des archives, fortifications et remparts.
Les guerres et les pillages n'empêchèrent pas une certaine forme de douceur de vivre et de poésie
de franchir les fortification de la cité des Baux . C'était l'époque des cours d'amour où les troubadours et les trouvères allaient de forteresses en forteresses colporter et faire connaître leurs nouveaux poèmes.
C'est sous le règne de la reine Jeanne que ces manifestations connurent leurs apogée . Puis la Renaissance avec ses idées neuves apporta élégance et confort aux nouveaux hôtels permettant d'oublier un passé trop tumultueux.
En parcourant de nos jours le village des Baux, on peut admirer de nombreuses traces de ce passé renaissant : les hôtels de Brion, de Manville, de Porcelet en sont de prestigieux témoins. Promener au travers de ces ruelles étroites nous donne le sentiment de revivre cette période du moyen-âge que les vieilles pierres et leur histoire nous laissent si bien imaginer .
L'hôtel de Manville aujourd'hui restauré abrite la mairie mais aussi le musée d'art contemporain où sont présentés des oeuvres d'artistes modernes régionaux ou ayant séjourné en Provence.
Toujours rebelle
Dès que la Provence devient française, la ville s'oppose à Louis XI qui fait démanteler le château: la seigneurie perd ses terres et devient simple baronnie donnée en apanage à de grands personnages. Le connétable Anne de Montmorency, à qui elle échoit en 1528, fait restaurer le château, construire des hôtels particuliers et des églises. En son absence, le connétable nomme Claude de Manville viguier des Baux. Très tôt, la femme et les neveux de Manville se déclarent favorables aux idées des protestants: pillages et incendies reprennent. Au XVIIe siècle, Antoine de Villeneuve, dernier gouverneur des Baux, prend parti pour le duc d'Orléans contre Louis XIII, et les Baussencs accueillent les insurgés aixois opposés aux édits d'imposition de Richelieu: la ville est occupée sur ordre du roi. En 1631, à la demande des habitants, les remparts et le château sont détruits, et le domaine de la seigneurie vendu à la ville. Malgré cette vente, Louis XIII transforme la baronnie en marquisat, qu'il donne en 1642 aux Grimaldi. La ville cesse d'exister, ses habitants l'ayant peu à peu désertée pour s'installer dans la plaine à Maussane et à Mouriès.
© 2002 Hachette Multimédia / Hachette Livre
|
Les Baux-de-Provence - Histoire |