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Un bout de rêve - Vos poèmes !

Régine Foucault

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Publié le 12 septembre 2003


LES MOTS

Il y a des mots qui tanguent comme une ivresse
Des mots que l'on boit bouche à bouche
Des mots qui étourdissent
Des mots qui grisent
Il y a des mots que l'on murmure
Des mots comme des baisers qui durent
Des mots qui tremblent
Des mots qui ondulent comme une caresse
Des mots qui chavirent
Il y a des mots tendresse
Des mots qui disent
Il y a des mots qui éclatent comme des rires
Des mots qui dansent comme des soleils
Des mots merveilles
Des mots qui réchauffent
ll y a des mots qui s'éparpillent comme des pollens
Des mots qui butinent
Des mots qui badinent
Des mots voyages
Des mots qui se mélangent
Qui s'échangent
Il y a des mots qui s'ouvrent comme des mains tendues
Comme des mains offertes
Comme des mains nues
Il y a des mots qui s'abandonnent
Sans réserve
Des mots cadeaux
Des mots partage
Des mots ensemble
Des mots comme une fête
Qui chantent dans nos têtes
Il y a des mots comme des perles
Qui se succèdent et qui déferlent
Des mots comme des vagues
Des mots plaisir qui innondent
Et se répendent
Des mots qui savourent
Il y a des mots délices
Des mots qui jouissent
Des mots qui donnent
Des mots qui accueillent
Il y a des mots je t'aime
Et puis
Il y a des mots qui frissonnent comme des nostalgies
Des mots d'automne
Des mots d'hier
Des mots qui désespèrent
Des mots que l'on oulie
Des mots pluie
Des mots derrière la fenêtre
Des mots au coin du feu
Et des mots qui attendent
Il y a des mots d'hiver
Des mots transis comme des souvenirs
Des mots qui glacent
Des mots verglas
Il y a des mots qui crissent
Des mots qui trahissent
Et tous ces mots qui blessent
Il y a des mots qui s'enfuient comme des voleurs
Des mots qui courent
Des mots qui se hâtent
Des mots qui s'affolent
Des mots qui ont peur
Il y a des mots qui tremblent
Il y a des mots qui pleurent
Des mots qui sombrent
Aux grandes profondeurs
Des illusions déçues
Il y a des mots nus
Il y a des mots vains
Et de vaines paroles
Il y a des mots qui se taisent
Pire que des silences
Il y a des mots absence
Il y a des mots vides comme un coeur sans amour.
Il y a des mots qui submergent comme des océans
Des mots néants
Des mots abysses
Des mots qui désunissent
Des mots naufrages
Les mots détresse
Des mots sans âge
Il y a des mots vertiges
Des mots qui se figent
Il y a des mots qui meurent
Des mots qui disparaîssent comme des foulards
Des mots qui ne deviennent jamais colombes
Des mots sans magie
Des mots sans espoir
Des mots ombres
Des mots sans vie
Et puis il y a
Posé comme un point.
Le mot de la fin.


Régine Foucault



(Lufois)






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Publié le 15 septembre 2003


DU DEBUT A LA FIN

C'est un jour qui commence
Un joli chant
Une danse
Et puis le vent
Se lève
Et puis le jour décroît
Lentement et sans bruit
Et puis le jour s'en va
Pour faire place à la nuit

Tout commence
Et tout se termine
Le joli chant et puis la danse
Le chemin qui chemine
Tout commence
Et tout se termine
Ne reste alors
Qu'un peu de poudre d'or
Des souvenirs
Et puis le temps
Qui joue les importants
Et nous dévore


Régine Foucault



(Lufois)



Publié le 17 septembre 2003


ON M'AVAIT DIT

On m'avait dit
Il faut aimer

La vie prend ses couleurs
Et la joie dans le cour
Bat si fort
Que le cour y croit
Et y croit encore
Malgré les années
Le ciel gris devient bleu
Sous le parapluie
Des amoureux.

On m'avait dit
Il faut aimer

Mais. je n'y pensais guère
Les petits matins clairs
Le soleil en été
Et la neige en hiver
Cela me suffisait
La lune dans les cieux
Et la nuit étoilée
Pas de grands sentiments
Mais. un petit bonheur
Miraculeux
Suspendu à un souffle de vent
A un parfum de fleur
Rien de tapageur
Juste
L'émerveillement
Du jour qui vient
De la nuit qui s'en va
Quand un nouveau matin
Ouvre ses bras

On m'avait dit
Il faut aimer

J'en souriais
D'un sourire gentil
Avec le mot amour
Certains disaient « toujours »
Et le lendemain
Ils étaient partis
Leur toujours
Etait bien court
Certains tendaient la main
Pour prendre
Mais jamais
Ne donnaient
Certains disaient
Des mots radieux
Juste. à dessein
De caresser un sein
Ou deux !

Et puis j'ai appris
Et puis. J'ai compris
Pour aimer
Il faut être deux
Etre deux. amoureux !
Et là
Tout se métamorphose
Des grandes et des petites choses
Le cour soudain
S'ouvre comme une rose
Et s'offre
Propose
Attend en retour
Un peu d'amour
Car pour aimer
Il faut être deux
Etre deux amoureux.
Et quand l'un vient à manquer
Tout disparaît
Des petites joies
D'avant
Le jour peut se lever
Le soleil briller
La lune danser
Dans son ciel de nuit
Plus rien de la vie
Ne semble exister
Le bonheur disparaît
D'un seul coup
Seul le manque s'épanouit
Comme une fleur sombre
Et. le matin devient soir
La joie désespoir
La vie s'éteint
Pour devenir triste comme une ombre
Une ombre sans fin
Sans reflet dans le miroir
Une ombre noire.

Car pour aimer
C'est bête comme chou
Chou genou caillou
Bête comme hibou
Pour aimer
Il faut être deux
Etre deux amoureux.

On m'avait dit
Aimer rend heureux
Et on m'avait menti
Aimer
Est une larme
Qui s'écoule sans fin



Régine Foucault

(Lufois)




Publié le 17 septembre 2003


C'EST UNE GARE

C'est une gare
Avec un train qui part
Des voyageurs qui arrivent
Et puis un café
Un café de la gare

Devant la gare
Un parking
Avec des voitures qui vont
Qui viennent
Le parking de la gare
Et le soleil
Le plein soleil
C'est comme
Une photographie en blanc et noir
Avec la gare
Les voyageurs
Le café
Et les voitures
Et le soleil de février

Je suis là
Perdue
Parmi les inconnus
Perdue
Loin de chez moi
Pourquoi ?
Une photographie en blanc et noir
Parce que je ne connais pas
Ce paysage-là
Ces gens qui passent
Sans visages
Des voyageurs et leurs bagages
Ils vont quelque part
Quelque part quelqu'un les attend
Et moi dans tout ça ?
Qui m'attend dans cette gare ?

Et tout à coup un homme
Là-bas, au loin
Un homme pressé il court
Un homme avec un bouquet de roses
Des roses rouges
Qui éclaboussent ma mémoire
Et qui illuminent la photo noire
La photo noir et blanc
Une tache rouge
Un bouquet de roses
Un homme qui court
Avec un bouquet d'amour
C'est pour lui que je suis là
Dans ses bras
Dans ses yeux
Dans son sourire
C'est pour lui
Que je suis là
Sur cette photo
Devant cette gare
Si loin de chez moi
C'est l'homme que j'aime
Voilà.


Régine Foucault

(Lu fois)








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