Régine Foucault
Publié le 22 septembre 2003
J'AVAIS ECRIT
J'avais écrit
Il y a quelques temps
A l'encre bleu-nuit
Sur un papier blanc
"Je t'aime"
Je voulais en faire un poème
Mais les mots se refusaient
Pas un vers pas une rime
Même pas la plus infime
Petite phrase alexandrine.
En désepoir de cause
Je décidais
De faire autre chose
Et rangeais mon papier
A l'abri des regards
Dans le fond d'un tiroir
Je l'y ai oublié.
Ce matin par hasard
Il me revient
Sous la main
J'ouvre la feuille doucement
Tu ne devineras pas
Ce que j'y vois !!!
Le "je" et le "t" apostrophe
Enlacés tendrement
Comme amants
Allongés sur la douce étoffe
Du verbe aimer
Conjugué au présent
Ils s'embrassent goulûment
Depuis combien de temps ???
Ils sont tout mélangés
Etendus
Nus
"Aimer"
En est tout déformé !!!
Le "a" est applati
Et le point sur le "i"
Envolé
L'amour n'aime pas
Les points sur les "i" !
Le "m" et ses trois pattes
Forme désormais
Un coeur qui bat
Au rythme des baisers
Du je et du toi
Le "e" s'est enroulé
Tout autour
Formant une prison d'amour
J'en reste abasourdie
Et n'ose déranger
Ces mots d'amour
Peut-être ont ils simplement
Fui le monde et ses tourments?
Donne moi ton avis
Je ne sais trop que faire
Il serait malvenu
D'importuner un "je t'aime"
En plein acte d'aimer
Et si tu les voyais
Tu serais je t'assure
Tout à fait attendri
Et si.
On les laissait ainsi
A s'aimer pour la vie ?
Ce" je" et ce "t" apostrophe
Qui ont décidé
De prendre pour lit
Le verbe aimer
Conjugué au temps d'éternité.
Régine Foucault
(Lufois)
Publié le 07 OCTOBRE 2003
L'ENFANT DU LAC
Aux confins de la vie de l'espace et du temps
A ces heures magiques où tout est transparent
Là tout au bout des songes un enfant est assis
Son regard porte au loin bien au-delà d'ici
Il est un lac fragile, dont l'eau se fait miroir
Ses rives sont brumeuses et quand tombe le soir
Dans un bruissement d'air on voit danser des fées
Et le petit garçon regarde émerveillé
Le lac alors s'agite et l'eau se fait profonde
Et un visage d'homme se dessine sur l'onde
Il ressemble à l'enfant comme goutte de pluie
A goutte d'eau du lac. il est l'enfant vieilli
L'homme qu'il deviendra quand jours et semaines
Mois et longues années vers des contrées lointaines
Auront portés l'enfant cet homme devenu
Auront porté l'enfant et puis l'auront perdu
Cet instant enchanté ne dure que le temps
D'une étoile filante filant au firmament
Mais quel voyage alors pour l'enfant de l'étang
Que ce lien éphémère entre l'homme et l'enfant
Puis les brumes du lac doucement s'évaporent
Des lueurs bleutées déjà disent l'aurore
Et l'enfant engourdi doucement se déploie
Se lève sans un mot, et rêveur il s'en va.
Régine Foucault
(Lufois)
Association Action Innocence :
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