Archive for the 'Handicap' Category

Un enfant à découvrir …

Thursday, January 26th, 2006


Bienvenue en Hollande
(Emily Perl Kingsley, 1987)

On me demande souvent de décrire ce que représente l’éducation d’un enfant avec une incapacité, de manière à ce que les gens qui n’ont pas vécu cette expérience puissent la comprendre et imaginer ce qu’elle représente. Ça ressemble un peu à ce qui suit :

Attendre un enfant, c’est comme planifier un fabuleux voyage… En Italie. Vous achetez un grand nombre de guides de voyage et vous faites de merveilleux plans : le Colisée, le David de Michel-Ange, les gondoles à Venise. Vous apprenez quelques phrases utiles en italien. Tout cela est très excitant !

Enfin, après des mois de préparation fébrile, le grand jour arrive. Vous faites vos bagages et vous partez. Plusieurs heures plus tard, l’avion atterrit et le commandant de bord annonce : « Bienvenue en Hollande »

« En Hollande ? », dites-vous. « Que voulez-vous dire par Hollande ? J’ai pris un billet pour l’Italie. Je suis censé être en Italie. Toute ma vie, j’ai rêvé d’aller en Italie ». « Mais il y a eu un changement dans le plan de vol. Vous avez atterri en Hollande et c’est là que vous devez rester. Ils ne vous ont cependant pas emmené dans un endroit horrible, dégoûtant, sale, où il y a la peste, la famine et des maladies. Ce n’est qu’un endroit différent. »

« Vous devez donc sortir de l’avion et vous procurer de nouveaux guides de voyage. Vous devez apprendre une nouvelle langue. Vous ferez la connaissance de tout un groupe de nouvelles personnes, que vous n’auriez jamais rencontrés autrement. »

« C’est seulement un endroit différent. C’est un rythme plus lent qu’en Italie, moins exubérant aussi. » Quelques temps après être arrivé et avoir repris votre souffle, vous regardez autour et vous commencez à remarquer que la Hollande possède des moulins à vent, que la Hollande a des tulipes…Que la Hollande a même des Rembrandt !

Mais tous ceux que vous connaissez vont en Italie ou en reviennent et ils ne cessent de répéter qu’ils ont fait un merveilleux voyage. Pendant toute votre vie, vous vous direz : « Oui, c’est là que je devais aller ; c’est ce que j’avais planifié. »

Cette douleur ne s’en ira jamais, jamais…parce que la perte de ce rêve est une perte très significative. Mais si vous passez votre vie à déplorer de ne pas avoir atterri en Italie, vous pourriez ne jamais être en mesure d’apprécier les choses très spéciales et très jolies…de la Hollande.

Sources :
Traduction libre du texte de Emily Perl Kingsley © 1987 “
Welcome to Holland

Frey. C, Sanna, S. (2003). Incidences de l’éducation familiale et institutionnelle sur les capacités futures d’autonomie psychologique et de réalisation de soi des enfants porteurs d’une Infirmité Motrice Cérébrale. Mémoire de licence en psychologie - Directeur : Alberto Munari (non publié). FAPSE - Université de Genève

Cet article est en lien avec “Journal de cours du 5 mai 2003 - Enfants, parents, et handicap

À quoi sert la colère? Quelle est la votre ?

Saturday, January 7th, 2006
Si la nature, au cours de son évolution, a fabriqué nos six émotions de base (peur, joie, colère, mépris, tristesse, dégoût), c’est pour nous permettre de mieux nous adapter à notre environnement et y survivre. La colère est donc nécessaire pour nous défendre et ne pas nous laisser écraser ou détruire. (Source : Psychologie.com - Gonzague Masquelier, psychothérapeute)

A propos de l’handicap :
Les personnes souffrant d’une “différence” ou les parents ayant un enfant avec déficiences rencontrent souvent des situations dans lesquelles la colère est, je dirais, salutaire, afin de survivre psycholgiquement, afin de continuer à vivre en gardant le respect de soi-même et son intégrité. Les “gens” ne sont parfois pas très tendres, bêtes, et parfois même franchement odieux, dans leurs réflexions, lorsqu’ils voient une personne handicapée. Je vous enjoins ici à vider votre coeur, à vous soulager de cette opprobre (insulte, discrimination) et à pouvoir dire haut et fort ce que vous ressentez au fond de vous même. Vous verrez, ça soulage …

P.S. Merci de respecter les règles de bienséance quand même, et de ne pas accuser une personne ou une institution en particuler

Le regard qu’on me porte …

Saturday, May 7th, 2005

Le regard de celui qui m’aime, ce regard qui voit en moi ce que je suis dans ma profondeur me place dans ma royauté, me remet dans la lumière originelle.

Christiane Singer, Du bon usage des crises

Une vie qui vaut la peine d’être vécue …

Saturday, May 7th, 2005

Une vie qui vaut la peine d’être vécue : Témoignage d’une mère de deux enfants handicapés - de Rosy Muller

Le livre :

Une vie qui vaut la peine d'être vécue

A travers l’approche positive de son destin, l’auteur tient à
transmettre du courage aux parents qui désespèrent et se résignent
dans le même destin.
Elle témoigne de son acceptation du handicap, de l’importance de la valorisation, du bien-être, de l’épanouissement et de l’intégration de ses deux enfants handicapés. Elle sait aussi qu’un enfant handicapé qui est aimé se sent digne d’amour et peut aimer à son tour.
Accepter nos enfants handicapés tels qu’ils sont, nous amène à les aimer et à les rendre capables d’aimer; les valoriser c’est les faire vivre mieux et cela est un droit; ainsi nous souffrirons moins.
Combien de phrases, combien de mots doit-on prononcer pour exprimer ses vrais sentiments. Combien de mots emploie-t-on pour recevoir une réponse qui nous satisfasse. Et dire que nous n’en profitons même pas.

L’auteure :

Rosy Muller

Rosy MULLER, née en 1940 en Allemagne, vit mariée depuis 42 ans en Suisse. Son destin est d’avoir deux enfants handicapés.
Lorsqu’elle a dû reconnaître le handicap de ses enfants, elle ne prend pas la fuite, elle accepte son destin et le considère comme un défi.
Elle s’est très rapidement engagée dans une association de parents et se bat depuis 20 ans en tant que secrétaire générale et animatrice pour une meilleure qualité de vie des personnes handicapées.

Aujourd’hui heureuse retraitée, et toujours aussi dynamique, je tiens à remercier personnellement Rosy Muller pour tout ce qu’elle a apporté à travers son engagement envers les personnes avec handicap. C’est vraiment une personne extraordinaire et remplie de qualités humaines qui s’est battue avec sincérité et sans relâche pour nous permettre une vie qui vaut la peine d’être vécue … Merci, Rosy !
A quand le prochain bouquin ?
Christiane Frey

Présentation de l’éditeur: (Francfort : NonBooksPress, Inc. - ISBN 1-59457-457-X)
La vie de femme et de mère de deux enfants handicapés n’a évidemment pas été facile pour Rosy Muller; pourtant 30 ans après, elle est sûre que ses enfants lui ont donné un sens à sa vie et enrichi sa vie et elle les remercie ! » Dès la naissance de ses enfants, elle a su qu’elle ferait tout afin qu’ils aient une vie digne d’être vécue, malgré et surtout avec leur handicap. «Je voulais qu’ils sachent ce qu’est l’Amour, qu’ils soient aimés – non de moi seulement – et qu’ils sachent aimer eux-mêmes.» Ses enfants lui ont montré le chemin qui l’a amenée à exercer un métier qu’elle aime par-dessus tout : aider d’autres personnes qui n’ont pas la force de mener une vie normale avec la présence d’un enfant handicapé. En fin de compte, elle peut dire: «J’aime ma vie et mon métier. Avec le recul, je m’étonne encore que je puisse aimer à ce point deux êtres qui sollicitent pareillement ma résistance nerveuse.» Comment cette mère peut-elle aborder la problématique du handicap de cette façon? En général nous ne voyons pas que la nature sensible d’un être handicapé est beaucoup plus profonde que son handicap. L’âme est d’essence divine et c’est une aventure que de découvrir comment elle s’exprime en dépit de moyens limités. Les élans du cœur sont plus spontanés et les réactions émotives plus fréquentes chez les personnes handicapées que chez le commun des individus.
(Publisher: BookSurge Publishing)

Pour commander ce livre :
Amazon.com
booksurge.com
Alibris.com

Commande facilitée :
Vous pouvez également commander ce livre directement auprès de l’auteure, en vous rendant sur La Boutique de Rosy Muller (vente en Suisse uniquement)

 


Le regard des autres

Saturday, May 7th, 2005
Que l’on soit soi même une personne handicapée ou parent d’un enfant handicapé, le pire à supporter est le regard que les “autres” portent sur cet handicap. Même si l’on parvient à oublier totalement la ou les déficiences qui nous affectent, ou dont l’enfant est porteur, ce regard réduit parfois à néant tout l’édifice psychologique durement et patiemment construit afin de vivre “avec”. Personnellement, j’en arrive parfois à oublier complètement mon handicap, tant ma vie me semble “normale”, avec les joies ou les préoccupations habituelles de tout un chacun. Mais il suffit d’un regard, celui qui “tue”, pour me rappeler que décidément non, je ne suis pas comme les autres, irrémédiablement différente. Est-ce que ce sentiment est vécu de la même manière lorsqu’on a une couleur de peau non blanche, ou lorsqu’on annonce à quelqu’un que l’on est homosexuel, juif, sans domicile fixe, etc. bref quelque chose qui ne cadre pas avec la “société bien-pensante et normale”. Je ne sais pas. 

Mais qu’est-ce que la normalité, à la fin ? Qui a décrété ce qui était normal ou pas, et de quel droit peut-on imaginer que cette normalité (construite de toutes pièces) serait l’aune à laquelle tout être humain devait se mesurer pour être accepté par son prochain simplement en tant qu’être humain. L’humanité est diverse, panachée, colorée, et c’est ce qui fait sa richesse. Nous faisons tous partie de l’Univers, les être humains sont faits de poussières d’étoiles, comme le dit si bien Hubert Reeves dans Patience dans l’azur (1988), la Nature est composée de milliards d’êtres différents et aucun d’eux n’est chassé de son sein. Alors dites-moi pourquoi l’être humain est-il le seul de toutes les espèces vivantes à rejeter ce qu’il ressent comme différent ? …

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